"Changer ou disparaître" Editions CELEADES

L'introduction

L’homme est-il menacé de disparition ? Oui s’il poursuit la voie dans laquelle il s’est engagé. Depuis maintenant plus de quatre siècles, il épuise des ressources locales pour en exploiter d’autres vierges un peu plus loin ; et ainsi de suite, jusqu’à l’épuisement total de cet environnement qui lui a permis de devenir ce qu’il est, au terme d’un processus d’adaptation de plusieurs millions d’années. Le risque de disparition de l’espèce humaine n’est pas mince. Des menaces très sérieuses pèsent sur les ressources en sols, en eau et en biodiversité.

S’agissant plus particulièrement de la biodiversité, la réduction massive de ces effectifs dont elle est victime, plus particulièrement depuis un siècle, - certains qualifient même ce phénomène de « 6ème extinction de masse» -, risque de modifier très sensiblement notre environnement au point d’envisager très sérieusement le risque pour l’homme de figurer aussi parmi les victimes.

Ce phénomène n’est pas nouveau dans l‘histoire de l’homme ; des sociétés florissantes un temps, ce sont effondrées plus ou moins brutalement, parce qu’elles n’ont pas su mesurer l’importance de leur impact sur un environnement sollicité au delà du supportable, sur ses ressources en eau, en sol et en biodiversité locale.

A l’inverse, des sociétés ont su contrôler ces phénomènes et trouver des solutions pour aller de l’avant durablement. Si cette situation n’est donc pas nouvelle, la différence réside dans l’ampleur de cette menace. C’est à l’échelle de la planète que cette problématique doit maintenant être réglée car l’éventualité d’aller « plus loin » pour recommencer la même chose, s’avère techniquement compliquée...

Par contre, il y a de sérieuses raisons de penser que nous sommes capables de faire face à ce formidable défi. Nous avons déjà pratiquement toutes les solutions pour passer ce cap encore faut-il être conscient de plusieurs choses :

  1. La situation est très grave et la survie même de l’espèce humaine est menacée,
  2. La plupart des gens n’ont qu’une idée très faible de l’importance du danger,
  3. Beaucoup veulent agir malgré tout mais ne savent pas comment faire,
  4. Les solutions existent ; elles demandent juste à être généralisées,
  5. La « bascule positive » n’est pas aussi loin que nous le pensons.

C’est la somme de ces constats qui m’a décidé à rédiger cet ouvrage.

Car, comme tout à chacun, j’ai fait le constat gravissime de l’état de la planète, et comme tout à chacun, j’ai tenté de mesurer l’ampleur de l’effort à consacrer pour remettre les choses en place ; mais la mesure de cet écart avait quelque chose de décourageant. Or, après 15 ans de travail sur ces questions, je me suis rendu compte que, bien au contraire, à y regarder de plus près, non seulement ce défi est possible à relever mais surtout, il sera passionnant à mener.

Ce sera probablement l’aboutissement de la révolution industrielle qui a commencé au tout début du 19ème siècle (même un peu avant). Cette révolution d’abord technologique, qui a due intégrer la notion de progrès social parallèlement à la création de valeur et qui maintenant, pour continuer son chemin, doit intégrer la notion de « capital naturel ».

Cet ouvrage se découpe en 4 parties :

La 1ère partie (« Les hommes et les femmes de bonne volonté ») traite d’exemples de sociétés qui ont disparues tandis que d’autres, ont su trouver les moyens de surmonter ces crises environnementales majeures. Elle met en avant aussi l’importance du « facteur humain » dans la résolution d’une crise de cet ordre et combien, à l’échelle de la planète cette capacité est grande. Les hommes et les femmes de bonne volonté porteurs de « valeurs durables » ne manquent pas ; les mobiliser reste l’enjeu majeur.

La 2ème partie consacrée au constat (« une planète sous pression »), a pour objectif de mettre l’accent sur la gravité du phénomène ; de faire prendre conscience que cette préoccupation n’est pas seulement un « problème de riche », ou le résultat d’état d’âme d’une génération « boboïsée » ou en mal de retour en arrière. Il y va de l’avenir des générations appelées à nous succéder ; de la qualité de leur vie future, de leur survie ; purement et simplement.

La 3ème partie (« Les raisons d’espérer ») est consacrée à décrire quelques unes des solutions déjà mises en place pour stopper les phénomènes dévastateurs décrits dans la 2ème partie ; après le désespoir, l’espoir. Cette partie traite également de la manière dont l’économie « linéaire » actuellement pilleuse de ressources et accumulatrice de déchets polluants, doit évoluer vers un « économie circulaire » basée sur les « 3 R » : Réduire, Réutiliser et Recycler. Des exemples permettront d’acquérir la certitude que la voie de cette économie circulaire est déjà en train de se construire. Une bonne raison pour que nous y apportions notre contribution.

La 4ème partie (« Agir maintenant ») est là pour permettre à chacun de passer à l’action concrètement. Il ne s’agit pas d’une méthode à proprement parler ; quoique… Mais plutôt d’un fil conducteur ; d’une façon d’approcher cette question concrètement. C’est à l’usage de tout « citoyen de base», dirigeant d’une entreprise ou d’une collectivité qui souhaite participer à ce vaste mouvement de changement.

Nous aurons également l’occasion de découvrir que nous ne sommes pas seuls à souhaiter une telle évolution de notre société. En réalité, « un basculement positif » est tout à fait possible parce qu’une solide base sociologique est prête à porter ce changement.

Toutes les conditions sont pratiquement réunies pour réussir cette mutation. Ce qu’il manque encore, c’est la volonté collective de vouloir mettre en route cette révolution « verte ». C’est ce qui dans le passé, a fait la différence entre les sociétés qui ont survécues et celles qui ont disparu.

Mon travail au sein de l’ONG « prioriterre » que je dirige depuis 15 ans, m’a permis de faire le constat suivant : la volonté est là et l’initiative individuelle et collective permet aujourd’hui de faire « tenir » le monde. Autrement dit, le chaos n’est pas total grâce à des « citoyens du monde » qui ont décidé un peu partout sur la planète, de prendre une part de leur destin en main. Le modèle apparemment dominant (selon moi) du capitalisme « financier», par son « effet de loupe », masque ce réseau informel qui, à l’échelle de la planète, pose les bases de cette économie de solidarité qui ne demande qu’à devenir « circulaire », au service de l’Homme.

C’est cette certitude que je souhaite communiquer aux lecteurs de cet ouvrage ; l’espoir certes fait vivre mais surtout, il permet d’avancer à coup de solutions concrètes !

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