Centralisme contre décentralisation

Publié le 28 Mai 2013

La lecture de deux articles me laisse perplexe sur les capacités de la "haute" administration à évoluer.
D'un côté, dans une interview donnée au site "Enviscope" (www.enviscope.com), Jean Jack QUEYRANNE Président de la Région Rhône-Alpes, peste contre la volonté dissimulée de l'administration et des "grands corps" de l'Etat de vouloir bloquer à tout pris le transfert d'une partie des pouvoirs de l'administration d'Etat vers les Régions; et de voir derrière la volonté de mettre en avant le principe de grandes métropoles dans la future loi de décentralisation, le dessin caché de "diviser pour mieux régner" ; pousser l'un pour affaiblir l'autre; en l'occurrence, les Régions afin que l'administration centrale reste maître du jeu. Rien de surprenant à cela.
De l'autre côté, sans transition apparante, un article de "l'Usine Nouvelle" du mois de mai rend compte des difficultés de la filière hydrogène à émerger en France faute de soutien du législateur et des industriels de l'automobile. C'est ainsi qu'une petite start-up de Grenoble (Symbio FCELL), qui est présentée comme "une pépite de la filière hydrogène en France" évoque ses difficultés en mettant en avant les deux principaux freins au développement de la filière :
Le 1er est administratif ; au delà de 100 kg d'hydrogène stocké sur un site, celui-ci est classé "SEVESO" avec toutes les exigences que l'on imagine. Comme quoi la catastrophe du zeppelin "Hindenburg" en 1937 marque encore les esprits...
Le second frein est le manque de soutien de la part des constructeurs français. Tous se lancent à coeur perdu dans la voiture électrique ; aucun ne fait le choix de la pile à combustible à contrario des Toyota, Ford, Honda, Nissan, Mercedes ou BMW.
Quel lien entre les deux articles ? La décentralisation face à la volonté de conserver un pouvoir centralisateur.
La voiture électrique ne remet en rien en cause le système de distribution français qui va du "haut vers le bas" ; l'électricité est produite dans de grosses centrales contrôlées par un opérateur national dont les dirigeants appartiennent globalement au même sérail que la haute administration ou de l'industrie.
De l'autre, le développement de la pile à combustible embarquée ou sur site, permet l'émergence de quantité de producteurs locaux, non contrôlables surtout si cet hydrogène est produit à partir d'une électricité renouvelable...
C'est ainsi que dans la même veine, on a systématiquement éliminé les petites filières photovoltaïque ou éoliennes au profit de projets soumis à appel d'offres et inaccessibles à tout industriel ne faisant pas partie des opérateurs cités plus haut.
En son temps Jean Pierre Raffarin disait que c'est dans la décentralisation qu'il fallait aller chercher les 2% de croissance manquant. Avec une haute administration pareille, Ils peuvent dormir encore longtemps !...

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