Transition énergétique ou emploi; faut-il choisir ?

Publié le 23 Avril 2013

Le scénario Négawatt prévoit une division par trois des consommations d'énergie primaire et par dix des consommations d'énergie "conventionnelles" à l'horizon 2050... Quel en sera l'effet sur l'emploi?
On attendait avec intérêt le résultats des travaux de Philippe QUIRION, Chargé de recherches au CNRS, CIRED, auteur d'une étude du même ordre sur la 1ère version du scénario de l'association.
Cette seconde étude parue fin mars, réalisée à partir de la dernière version du scénario présenté en 2012, révèle que dans les conditions imaginées par l'association Négawatt (dont la sortie du nucléaire aux alentours de 2040), l'emploi aurait beaucoup à y gagner : +235 000 en 2020 ; +632 000 en 2030.
Ceux qui brandissent en ce moment, le spectre des emplois perdus dans les filières énergétiques classiques pour que rien ne change, en sont donc pour leurs frais...
Pour être plus précis, les chiffres avancés plus haut sont un résultat net entre les disparitions et les créations d'emplois ; autrement dit, des emplois vont disparaître quand d'autres apparaitrons (Schumpeter aurait parlé de destruction créatrice...).
Cet écart s'explique notamment par le fait que les filières confortées par la transition vers le "presque tout renouvelable" sont nettement plus intensives en terme d'emploi que les filières "classiques". Quand la branche "gaz" demande 3,5 ETP (Equivalent Temps Plein) par M€, la branche "solaire photovoltaïque" mobilise 14 ETP par M€ et le pétrole 2,5 ETP quand le bâtiment mobilise 16 ETP ! Autrement dit, à service équivalent (le confort d'un logement à la bonne température), il vaut mieux rénover que d'importer du fuel...
D'autant que cette argent déboursé dans un cas, va pour l'essentiel sortir du pays pour générer de l'activité ailleurs tout en alourdissant le déficit commercial français (l'énergie représente les 2/3 des 50 à 70 milliards annuels de déficit) alors que dans l'autre cas, cet argent sera au minimum, au 3/4 recyclé localement et donc probablement générera 3 à 5 fois plus d'activité sur place.
Avant de rejeter d'un revers de la main les options du scénario Négawatt, les industries notamment celles de l'électricité devraient d'avantage penser à l'intérêt général en imaginant ce que pourrait être leur "demain" plutôt que de vouloir prolonger sans cesse ce qui bientôt, sur le reste de la planète, appartiendra au passé.

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